Après l’Ecig vient l’e-tabac

Ce n’est pas un jeu de mots. C’est la description d’une rude concurrence entre fabricants d’e-cigarettes électroniques et industries du tabac. L’e-tabac se présente comme la contre-offensive des industries du tabac. Sa fabrication est inspirée du projet de deux intellectuels de l’université de Stanford. Le projet avait pour but en 2007, l’invention d’autres manières de consommer le tabac. L’e-tabac est une nouvelle cigarette dans laquelle le tabac n’est pas brûlé mais chauffé par vaporisation.

Une entrée fracassante sur le marché

Ce nouveau produit du tabac n’est pas, selon la direction de l’Union Européenne, une cigarette électronique. En fait, sa nature n’est pas difficile à déterminer. C’est un produit tabagique traditionnel, mais qui se consomme autrement (c’est-à-dire par vaporisation). C’est de la cigarette classique tout simplement. On parle tout le temps des actions menées en coulisse par les lobbies tabagiques pour contrecarrer les avancées du marché de l’e-cigarette. Cette fois, leurs actions se font au grand jour. C’est le géant japonais JTI (Japan Tobacco International) qui se démarque le plus dans la vulgarisation de l’e-tabac. Entre autres, cette firme de renom vend ses nouveaux produits, appelés Ploom, en Autriche, en Italie, aux Etats-Unis, en France et dans bien d’autres pays européens et asiatiques (Japon, Corée du Sud…). Les e-tabacs seront présents dans les rayons des buralistes, aux côtés des e-cigarettes électroniques. On peut dire qu’il y a de quoi relancer le débat sauf pour une question basique : pourquoi un fumeur décide-t-il de passer à l’e-cigarette ? Est-il réellement convaincu dans son for intérieur que l’e-cigarette l’aidera dans le sevrage tabagique ?

Une menace sérieuse pour l’e-cigarette ?

Peut-être dans un futur lointain, on peut envisager que l’e-tabac puisse causer du tort à la cigarette électronique. Mais cela reste une supposition. Qui plus est, les réalités commerciales et sociales peuvent changer du tout au tout au fur et à mesure que le temps passe. On observe néanmoins dans les forums et sur les réseaux sociaux une certaine tendance au conservatisme (pour l’e-cigarette). Le site www.challenge.fr a fait ses propres sondages. La majorité des personnes sondées (44%) affirment ne pas vouloir essayer l’e-tabac parce que « c’est du tabac ». A en croire ce résultat, la plupart des vapoteurs préfèrent l’e-cigarette à la cigarette classique parce qu’ils veulent s’affranchir de la dépendance au tabac. On peut mieux comprendre alors leur indignation quand, pour justifier des mesures restrictives, la cigarette électronique est tout bonnement considérée comme n’importe quel produit tabagique. Par ailleurs, on ne saurait ignorer les 26% qui affirment vouloir essayer de passer au e-tabac si cela a « bon goût ». La méthode utilisée dans ce sondage est-elle fiable ? Là n’est pas vraiment la question. On sait au moins qu’une partie importante des vapoteurs ne pensent pas vraiment à la question sanitaire ou à celle du sevrage tabagique. Justement, on parle déjà de meilleures sensations que procurerait les e-tabacs par rapport aux e-cigarettes. L’inhalation de nicotine de l’e-cigarette serait trop lourde comparée à celle de la vapeur de l’e-tabac. Tout se jouera donc sur la perspicacité des responsables marketing de JTI et des fabricants de cigarettes électroniques.

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